Dix ans. Dix ans que le Jardin Moderne ouvrait ses portes en grandes pompes pour la première fois. Les gens du terrain l’avaient attendu depuis tellement longtemps. Espéré, formalisé lors des Assises pour la Culture qui avaient été initiées par la Ville de Rennes deux ans auparavant. Tous ensemble, les coudes serrés, ils s’étaient réunis en association pour mieux faire entendre leurs voix. Le Collectif était alors né et ses membres avaient dessiné les contours d’un lieu idéal, espace d’aide à la création et la diffusion des Musiques Actuelles. Situé quelque part entre la mythique Fun House et la sacro-sainte salle de la Cité. Un lieu charnière, de préparation, de formation et de ressource pour qu’enfin les jeunes pousses soient aiguillées dans leur parcours au sein d’un secteur encore mal défini, qui commençait tout juste à être reconnu par les collectivités publiques et où les coups bas et les mauvaises surprises sont monnaie courante depuis belle lurette. Le Jardin Moderne, donc, par les amateurs et pour les amateurs, du verbe aimer. Ceux qui ont mis la musique au cœur de leur projet de vie. Afin qu’ils puissent prendre en main leur destin dans la jungle des Musiques Actuelles et plus largement de la Culture Actuelle en toute connaissance de cause. Armés quoi.
Aujourd’hui, d’aucuns pensent que la Culture est en danger. Un peu partout des signes inquiètent. Le régime de l’intermittence bas de l’aile, les robinets des subventions publiques fournissent un filet d’eau de plus en plus mince et les gros poissons du secteur ont de plus en plus de mal à respirer. Mais tant qu’il y a de la vie, il y a de la Culture. Et notre Jardin, ancré sur les acteurs du terrain est bien irrigué. Plus de 300 groupes y répètent à l’année, des techniciens viennent s’y former, des organisateurs de spectacles, des labels s’y abreuver. L’association Le Collectif s’est recentrée autour du lieu qu’elle avait imaginé. Elle s’appelle depuis 2007 Le Jardin Moderne. Une continuité et une nouvelle naissance. Car le combat pour la reconnaissance de nos pratiques n’a jamais été aussi vivace.